D idurar ay d lâamriw (1989)

Les montagnes sont ma vie

Xellsegh adrar s yidammen-iw : a d-yeqqim later-iw

Xas gullen ard a t-sefden

Wid yetganin di lmut-iw, yessamsen isem-iw

Kul tizi a yi-d-mlilen

Atas i ggigh si lheqq-iw armi i qqwlegh seg yilexxaxen

Wwtegh, dligh ghef nnif-iw ufigh wigad i t-yesxewden

Xas yegga lgehd ighallen-iw

Mazal ssut-iw ad yebbaâzeq... as-d-slen !

Nnan : " yeqqers-ed wedrar keççini

ur

tehdired ara "

Bnadem i bnadem yeqqar : " d amenzu n yennayer ass-a "

Teggugeg tmurt am lefnar di Tizi tressa rrehba

Di Bgayet yetterdeq waâbar ; rzan azaglu n tlufa

A lâamer-iw, a lâamer-iw... d idurar ay d lâamer-iw !

Annagh, mennagh win ihedren xersum a d-zzgegh awal !

Lemhayen i diyi-yughen ughalent-iyi d ras-lmal

Imi Leqwbayel ddukkwlen yir laâyub a ten-sefden ;

Ul'ayghar teghwzi n wawal

Tamazight d lsas nnsen, d azar n tudert nnsen

D lweqt ad ferzen lecghwal

A lâamer-iw, a lâamer-iw... d idurar ay d lâamer-iw !

Xas yeççeh wul-iw, maâdur, garawen imi

ur

hdiregh ara

Atas i iâabba yeççur, zzay

ur

yezmir ara

Yebgha ad as-d-slen laârur, widen ara yeççen ahicur

M'akka tuzdag nnaâma

Win i s-yennan : awhid mehqur , a d-yas a d-izid lehdur

M'akka ghuri i d-terza ssehha

A lâamer-iw, a lâamer-iw... d idurar ay d lâamer-iw !

" Yir lehdur seffden ddnub ", i d-nnan yimezwura

Ul'ayghar a ttfegh addud i wayen

ur

nesâi lmaâna

Ad yughal ad yehlu ufud, ad as-teslem i wegrud

Ad yetghenni ghef Timmuzgha

Ayen i gh-d-yegga Dda Lmulud deg yigenni iban-ed am rrâud

Wiss' ma thulfam i tmeqwa...

A lâamer-iw, a lâamer-iw... d idurar ay d lâamer-iw ! Ma vie ! ma vie !

Les montagnes sont ma vie !

Traduction française

Du tribut de mon sang j'ai irrigué les monts

Mon empreinte s'imprime à jamais,

Quand ils ont en juré l'anéantissement ;

Qui s'impatiente de me voir mort,

et qui calomnie mon nom,

A chaque col devra m'affrontent,

J'ai laissé mon bien à l'abandon,

Je l'ai trouvé gisant dans l'immondice,

J'ai porté le regard sur mon honneur,

J'ai vu des bourreaux. Bien que la force ait fui mes membres,

Ma voix demeure, qui retentira,

Ils l'entendront !

L'on dit : La montagne s'est ébranlée !

Et tu n'y étais pas !

Chacun s'en va répétant,

C'est aujourd'hui jour de l'an.

Notre terre étincelle comme un phare. A Tizi le peuple afflue.

A Bougie éclatent les salves de la victoire,

L'on a brisé le joug de nos souffrances :

Ma vie ! Ma vie !

Les montagnes sont ma vie !

Ah ! Etre présent au milieu de vous,

Ne fût- ce que par la parole combattre !

Les calvaires dont je suis frappé

Sont devenus mon unique empire,

Mais puisque les Kabyles s'unissent,

Ils dissiperont nos funestes tares,

A quoi bon les vains verbiages :

La berbérité fonde leur histoire ;

Elle est la racine de leur vie,

Il est temps que se purifie notre condition.

Ma vie ! Ma vie !

Les montagnes sont ma vie !

A bon droit mon cœur s'afflige,

Puisque je ne suis pas parmi vous.

Son fardeau lui pèse, déborde,

Excède ses forces, il n'en peut plus !

Il veut que l'entendent les malfaisants,

Ceux-là qui mangeront du foin

Quand notre blé purgé de l'ivraie.

Que celui qui dit l'esseulé humilité,

Vienne affermir son propos,

S'il nous terrasse, c'est bien fait !

Les mots infâmes triomphent de la malédiction,

Selon l'adage de nos ancêtres.

Pourquoi irai-je me tourmenter,

Pour quelques brimborions ?

Les forces me reviendront,

Portez mon salut aux enfants,

Qu'ils chantent la terre de Berbérie :

L'héritage de Mouloud Mammeri,

Comme la foudre dans le ciel éclate :

En sentez-vous les gouttes tomber ?

Ma vie ! ma vie !

Les montagnes sont ma vie !